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08.11.2006

A chacun son mur

Hier je me suis levée à 5h30. C'était mon premier jour de travail sur Nîmes. Je dois prévoir au moins une heure et demie pour le trajet. En plus, il paraît que même cela ne suffît pas. J'ai du mal à démarrer ma voiture le matin, parce qu'il fait froid. Il faut que le moteur chauffe d'abord, ça prend un quart d'heure. Tant pis. Une fois sur la route, j'aime beaucoup rouler.

Il y a un moment j'ai vu à la télé un chantier historique où on restaurait une forteresse. Cet automne j'ai appris qu'il y en avait un qui était un peu pareil sur Nîmes. Je me suis renseignée et me voilà ...

Je suis contente de pouvoir participer au chantier des espaces verts. On bâtit les murs en pierres séches comme les paysans faisaient avant. C'est la conservation de vieilles traditions rurales. Nous sommes plus que dix personnes. Deux femmes et une dixaine d'hommes. Pendant les premières six semaines on travaille tous sur le chantier. Après nous les femmes et un garçon, on documente tout sur ordinateur. C'est intéressant!

Hier chacun a construit son mur en pierres séches. Il n'y avait pas deux murs pareils, mais ils étaient tous différents, selon notre personnalité.

C'était difficile. Il n'est pas facile de rendre le mur solide. On a testé mon mur. Sophie s'est assise sur mon mur et il tenait. Mais il n'était pas exactement comme il fallait.

Le chantier existe depuis une dixaine d'années, donc c'est plein de murs en pierres séches. Ils sont tous parfaits et très beaux. Les gens ont beaucoup travaillé pour les construire pierre par pierre! La vie rurale d'autrefois y revient vivante. On est en pleine campagne, seulement à 4-5km du centre de Nîmes.

Il est bien de faire partie du nouveau groupe. Nous sommes très différents et nous venons de tous les horizons. Hier on a déjà beaucoup parlé, même si c'était le premier ou le deuxième jour. L'ambiance était bonne.

- Quelquefois on peut se retrouver quelque part parmi les autres sans aucun contact humain, sans rencontrer personne, même si on était très bien entouré. C'est la solitude dans la grande ville où les gens ne se parlent plus. C'est inhumain.

On peut se construire des murs dans le bien ou dans le mal, des murs de séparation ou des murs de soutien...

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